L’Occident élève un nouveau monstre

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Le sujet un peu en marge du monde russe, mais si peu, de cet article de Piotr Ivanchenko, publié le 12 janvier 2015 sur le site de l’agence Segodnia.ru, conjugue pour nous l’actualité sur le mode russe, la plaçant utilement dans une perspective historique et géopolitique.

Lors de sa visite en Allemagne, Yatseniouk déclara, lors de son entretien sur la chaîne télévisée ARD, que pendant la seconde guerre mondiale, l’Allemagne et l’Ukraine, furent victimes de l’agression de l’URSS. Le représentant ukrainien escomptait évidemment s’attirer ainsi la sympathie de l’audience allemande. Toutefois, sa déclaration a choqué une majorité absolue de la population allemande. Il faut tenir compte du fait qu’en Allemagne le processus de dénazification fut mené très en profondeur, et ses résultats sont évidents.
On peut discuter de la nécessité de réfréner la conscience nationale allemande, ou d’imposer à plusieurs générations d’Allemands un complexe de culpabilité au sujet des crimes des nazis. Mais le fait que le rejet de la propagande nazie soit enraciné dans l’âme de la majorité des Allemands n’est même pas venu à l’esprit de Yatseniouk.
Quelques temps auparavant, alors qu’il était en visite à Berlin, Klitschko a déclaré que l’Ukraine pourrait faire appel à l’expérience éprouvée de l’Allemagne dans la construction… du mur de Berlin (!). Il n’est pas non plus venu à l’esprit du maire-boxeur que ce mur fut vécu par les Allemands comme une tragédie nationale, et sa destruction comme une libération du peuple allemand. De ce point de vue, la déclaration de Klitschko frôle l’injure. Une pareille bêtise pourrait être mise sur le compte des « directs et uppercuts » qui ont pu affecter le cerveau de Klitschko, mais Yatseniouk, beaucoup mieux informé de la vie en Occident, fait preuve d’une incroyable incompétence en accusant la Russie d’agression envers « l’ordre nouveau » instauré en Europe par Hitler. Or il ne s’agit pas ici d’un villageois inculte du genre du « cosaque » Gavriliouk, mais d’un homme qui maîtrise les langues étrangères et séjourne constamment en Occident.
Dès lors, on se pose logiquement cette question : à quoi ressemblent ces valeurs européennes auxquelles aspirent tant les habitants d’Ukraine si attachés à la conscience qu’ils ont d’eux-mêmes? Tout débat concernant ces valeurs  débouche de toute façon sur les droits des LGBT, perspective ayant déjà provoqué un schisme au sein des ukrainiens, si conscients de leur spécificité… Que ce passera-t-il lorsque viendra le moment de parler du politiquement correct, de la liberté d’expression, du multiculturalisme, du respect des minorités (et pas seulement des minorités sexuelles)? Du point de vue des descendants des ancêtres « ukros », la valeur européenne fondamentale, c’est une féroce russophobie, et l’Europe, c’est celle de l’époque d’Hitler ou du « Drang nach Osten ». Toutefois, très vite, même les plus radicaux des ukrainiens seront bien forcés d’admettre que la cruelle réalité n’a rien de commun avec leurs fantasmes. Alors, la désillusion pourrait vite se muer en haine.

En fait, cela a déjà commencé. Ainsi, Anton Geraschenko, conseiller du Ministre de l’Intérieur, a dénoncé ce qu’il nomme la « mesquinerie » du Président Obama, traitant celui-ci de « nain politique ». Alors qu’hier encore tous les patriotes ukrainiens se précipitaient pour vénérer la trace de ses pas. Sur sa page Facebook, Geraschenko a expliqué à propos de la déclaration de Georges Soros appelant l’Occident à offrir un crédit de plusieurs milliards à l’Ukraine : « Dans sa réflexion, il (Soros) plane bien au dessus de la mesquinerie d’Obama et des autres nains politiques qui ne comprennent pas que l’action de Poutine en Ukraine provoque dans l’histoire du monde un mouvement tectonique de plus grande ampleur que les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington ».

Et on peut dire que ça ne fait que commencer. Ayant « trahi » les attentes ukrainiennes l’Occident pourrait devenir le pire ennemi et l’objet d’un juste châtiment. Souvenons-nous que le pouvoir ukrainien non seulement soutient ouvertement le terrorisme, mais a déclaré son intention de recourir lui-même à des méthodes terroristes. Et un des députés a admis qu’il se rendait aux sessions de la Rada avec une grenade dans sa poche et qu’il était prêt à l’employer contre ses collègues députés.
L’Occident a déjà élevé un monstre, le wahhabisme, qui pose aujourd’hui de sérieux problèmes sur le territoire même des pays européens. Pourtant, quel outil remarquable que l’islamisme militant lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes géopolitiques (dont «l’endiguement» de l’URSS et ensuite de la Russie)!
Entre-temps, les néonazis ukrainiens et leur non moins grande envie de meurtre, de terreur et de destruction, peuvent devenir un problème beaucoup plus sérieux encore. Cela tient non seulement à leur proximité géographique immédiate et à leur apparente identité avec les Européens, mais aussi au fait que les «idéaux»néonazis sont également plus proches et plus attirants pour certains Européens que la doctrine salafiste, ce dont témoigne en particulier la participation de nazis européens aux combats au sein de bataillons punitifs de la junte ukrainienne.
Tous ne tomberont pas en terre du Donbass. Ils rentreront chez eux, ayant pris goût au sang humain, et acquis des techniques «utiles».
Dans ces conditions, le massacre perpétré à la rédaction du journal français pourrait juste ressembler à une matinée enfantine.
Source.

http://www.russiesujetgeopolitique.ru/loccident-eleve-un-nouveau-monstre/

2 Commentaires
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mag
mag
20 janvier 2015 12 h 23 min
Ce Yatseniouk est un fou ! Souhaitons que le peuple se soulèvent contre ce gouvernement Nazi ! Honte à L’UE et aux USA ! J’espère que cela va se retourner contre eux !
Lukoki
Lukoki
20 janvier 2015 12 h 25 min
Les nazis sont à l’origine de la construction européenne ! L’Union européenne est d’inspiration nazie et cela devra bien se révéler au grand jour ! Lorsque cela apparaitra aux yeux des européens que leur U.E. est une HISTOIRE NAZIE et qu’elle est restée NAZIE, ça sera peut-être trop tard ! Au cours de l’histoire, toute velléité d’UNIFIER l’Europe a abouti à la GUERRE !